Ceci correspondrait à une remise en cause d’un objectif, faisant partie de la directive énergies renouvelables. Pour la fédération France Nature Environnement, ces doutes sont une nouvelle fois l’occasion de pointer du doigt que cet objectif quantitatif d’incorporation d’agrocarburants constitue une impasse. En effet, les surfaces agricoles européennes étant insuffisantes, l’Europe, pour satisfaire cet objectif, devra forcément importer des agrocarburants issus de la déforestation en milieu tropical (Brésil, Indonésie, Malaisie, etc.) avec des conséquences dramatiques pour la biodiversité et l’agriculture vivrière locale.
Selon un tout récent rapport de l’Agence Européenne de l’Environnement
[1], l’Europe ne parvient pas à restreindre les émissions de gaz à effet de serre du transport. Une politique européenne trop axée sur l’amélioration technologique des véhicules et la qualité des carburants ne parviendra donc pas à réduire les émissions de gaz à effets de serre et polluants atmosphériques.
Pour Michel Dubromel, responsable du réseau transports de FNE ; « Il est nécessaire de repenser nos besoins de transports. Les priorités de la politique des transports doivent être le report de la route vers des modes de transports moins polluants et la réduction de flux non nécessaires ». Le système en flux tendus, la non harmonisation fiscale du prix des carburants en Europe, la non intégration de la réalité des coûts du transport routier entraînent un large nombre de flux considérés comme absurdes. Ces transports ont des conséquences environnementales, sociales et économiques aujourd’hui reconnues !
Les transports ont des impacts sanitaires et environnementaux, qui doivent absolument être endigués. Sur la base du principe pollueur-payeur, la directive Eurovignette prévoit d’intégrer les coûts de ces impacts en appliquant une taxation sur les poids lourds.
En assurant la Présidence de l’Union Européenne à partir du 1er juillet 2008, la France peut décider de réviser l’objectif de 10 % d’agrocarburants dans les transports. Il est, de plus, nécessaire, d’envisager la révision de la directive Eurovignette, pour faire payer au transport routier la vérité de ses coûts. Deux nouvelles occasions se présentent à la France, pour faire preuve d’une véritable politique volontariste des transports pour l’Europe.
La Fédération France Nature Environnement soutient fermement ces révisions indispensables et militera pour que la France prenne conscience des enjeux climatiques et agricoles.
[1] Rapport AEE n°1/2008 “Climate for a transport change”
Source :
http://www.fne.asso.fr