Paris, le 20/10/04. La semaine dernière se clôturait à Vienne, en Autriche, le premier salon européen visant à éviter l’utilisation de matériaux à risques dans les hôpitaux. La France y brillait par son absence : pas un seul hôpital français ayant une politique de prévention des toxiques (existe-t-il de tels hôpitaux en France ?), pas de fournisseur français de matériel médical sans PVC (1), pas de fabricant français d’appareil de traitement sans incinération des déchets hospitaliers.
Pourtant, de tels fournisseurs et fabricants existent dans l’hexagone, mais ils n’ont pas fait le déplacement, laissant la place à leurs concurrents. Le marché des hôpitaux européens ne les intéresse visiblement pas. Le salon CleanMed Europe 2004 a accueilli 29 exposants, 60 conférenciers et 300 participants venant de 28 pays différents répartis sur 3 continents. L’Allemagne, le Costa Rica, l’Irak, Hong Kong, la Chine, la Suède ou encore la Tchéquie se sont retrouvés sur la prévention en milieu hospitalier de l’exposition à des produits et matériaux dangereux, et seul le CNIID représentait la France.
Parmi les 46 posters présentés provenant de 5 pays différents, 6 projets ont reçu le prix " CleanMed Europe 2004 " pour leurs efforts (2). Substitution globale du PVC, repas bio, éco-construction en matériaux sains, alternatives à l’incinération des déchets hospitaliers, énergies renouvelables, matériel médical réutilisable ou reconditionnable au lieu du jetable (3), consommation soutenable, construction de parkings à vélos : les hôpitaux sains existent.
" Il est urgent que les hôpitaux français ouvrent les yeux sur leur responsabilité en terme de santé environnementale : la pollution chimique provient aussi de l’intérieur de l’hôpital ", averti Aurélie Gigandet, chargée de la campagne D’abord ne pas nuire au CNIID. La Déclaration de Vienne (4), conclusion du salon, réitère ces revendications.
Philipp Ekkehard, de la ville de Vienne, déclare économiser 1,5 million d’euros par an depuis sa démarche verte. Et les bénéfices sont multiples : économies financières, séjours moins longs des patients, personnel plus performant, baisse des erreurs de manipulation et du stress, diminution du turn-over des équipes et baisse des risques en général.
" Les hôpitaux français n’ont apparemment pas de scrupules à exposer leurs patients à des matières à risques ", rappelle Aurélie Gigandet.
Pour plus d’information :
Aurélie Gigandet, chargée de la campagne D’abord ne pas nuire au CNIID, au 01 55 78 28 66.
1 Polychlorure de vinyle
2 Une lingerie sans emballage en PVC, la réduction de la quantité de déchets alimentaires en milieu de soins, une stratégie de réduction globale de l’utilisation du PVC, un système de management environnemental, l’éco-construction d’un centre gériatrique et les achats verts effectués par une région du Danemark.
3 À chaque fois que la qualité du soin est maintenue et que la sécurité sanitaire le permet bien sûr.
4 Disponible en français auprès du CNIID et sur
http://www.cleanmed.org/europe/english/press.html