Mercredi 17 septembre 2003 à Agen :
Procès des inculpés de Fumel
Pour avoir accompli une action de salubrité publique majeure,
6 chômeurs vont être jugés par le Tribunal d‚Agen
Un scandale écologique. Pour la première fois, des citoyens vont être jugés pour avoir mis hors d'état de nuire une installation polluante, en
l'occurrence un incinérateur qui a fonctionné, depuis le début et pendant 13 ans, dans l'illégalité la plus totale et de façon calamiteuse, à Fumel (Lot et
Garonne). Géré par un Syndicat intercommunal, il polluait allègrement le voisinage par ses rejets atmosphériques dépassant catastrophiquement les normes en
vigueur (poussières, plomb, mercure, dioxines, chlore, etc.), et par ses mâchefers, stockés à l'air libre (contamination des nappes phréatiques et du
ruisseau proche).
Des années durant, les riverains ont interpellé inlassablement l'administration préfectorale pour faire respecter la législation, mais jamais celle-ci ne
voulut rappeler à l'ordre le Syndicat qui bénéficiait dès lors d'un laxisme intolérable de la part des autorités.
Le 15 mars 1999, un groupe de chômeurs et de précaires d‚AC ! Clash, provenant de diverses régions, se réunit ce jour là à Fumel, pour discuter des
potentialités d'emplois en matière de déchets. Ils demandent à rencontrer le Président du Syndicat intercommunal. Celui-ci les traite avec mépris et dédain
car ces chômeurs ont l'outrecuidance de lui demander la fermeture de cet incinérateur illégal et hors normes. Devant son refus de concertation, les chômeurs
décident d'occuper l'usine. Dans la nuit, ils neutralisent finalement cet incinérateur en démontant la porte du four et en coupant quelques câbles
électriques (dégâts minimes).
Une répression féroce. Dès le lendemain matin, les gendarmes encerclent la maison de Gérard Carriat, riverain chez qui le groupe de chômeurs s'est réuni,
défoncent la porte et arrêtent tout ce beau monde, menottes aux poignets. 14 d'entre eux sont aussitôt inculpés. Certains font 32 jours de prison
préventive. Tous sont astreints à un régime très sévère : interdiction de se rencontrer, de se déplacer, assignation à résidence, etc. La juge d'instruction
refuse obstinément d'instruire à décharge et considère les chômeurs comme des casseurs qu'il faut punir sévèrement de manière exemplaire.
La résistance s'organise. Un comité de soutien national est créé très rapidement et organise la riposte, notamment en faisant déposer une plainte avec
constitution de partie civile contre le Syndicat intercommunal. Scandaleusement, cette plainte dort toujours dans le tiroir du juge d'instruction.
La justice ne manque pas d'air ! Elle va juger des chômeurs qui ont fait une action de salubrité publique majeure, alors qu‚elle n'inquiète absolument pas
les empoisonneurs du Syndicat intercommunal, ces délinquants écologiques qui dorment tranquillement sur leurs deux oreilles. Le scandale de la contamination
de la chaîne alimentaire par les dioxines émises par les incinérateurs français a été révélé au grand jour, quelques mois après l'affaire de Fumel, et
justifie amplement la légitimité de l'action des chômeurs. Pourtant la justice feint toujours d'ignorer " le scandale de l'air contaminé ". (les dioxines
sont des composés chimiques hautement cancérigènes).
Mobilisons-nous ! Lors du discours de clôture du rassemblement du Larzac, José Bové a invité à soutenir massivement les inculpés, à Agen le 17 septembre.
Nous devons être nombreux à protester contre une justice qui, d'un côté, absout la délinquance en col blanc des plus hautes autorités politiques et
financières de ce pays, et qui de l'autre, embastille des citoyens qui veulent préserver l'intérêt général (OGM, pollutions, etc.).
Bus et co-voiturage. Le comité antimondialisation libérale de la Gironde et le collectif déchets Girondin organisent un transport de Bordeaux vers Agen le
17 septembre, où aura lieu une grande journée revendicative et festive, à l'occasion du procès.
Renseignements et inscriptions : Tel : 05 56 52 26 79 (laissez vos coordonnées si répondeur) ou 05 57 68 01 77
conf.paysanne33@wanadoo.fr et dnicolas@galilee.fr;
Si vous ne pouvez pas vous déplacer, exprimer votre soutien à ces 6 inculpés, en citant leur noms (Christophe AYGUEPARSE, Laurent AYGUEPARSE, Pierre
BOUSSANGE, Gérard CARIAT, Marie LOHRER, Patrick SEVERIN), et votre indignation vis-à-vis de la justice en France à deux poids, deux mesures en écrivant à:
Monsieur le Président du Tribunal de Grande Instance
Avenue de Lattre de Tassigny 47 000 AGEN
Pour vous aider, je joins un exemple de lettre possible que vous pouvez envoyer au président du Tribunal (lettre inspirée de celle écrite par M. Coppey).
Nom
Adresse
Téléphone
Mail
Lieu et date
Monsieur le Président du Tribunal
de Grande Instance d‚Agen
Avenue De Lattre de Tassigny
47000 AGEN
Objet : Indignation face à l'inculpation des 6 chômeurs d'AC !
Demande de relaxe
Monsieur le Président,
Pour avoir accompli une action de salubrité publique majeure, six chômeurs vont être jugés par le tribunal d‚Agen.
Un scandale écologique. Pour la première fois, des citoyens vont être jugés pour avoir mis hors d'état de nuire une installation polluante, en l'occurrence
un incinérateur qui a fonctionné, depuis le début et pendant 13 ans, dans l'illégalité la plus totale et de façon calamiteuse, à Fumel (Lot et Garonne).
Géré par un Syndicat intercommunal, il polluait allègrement le voisinage par ses rejets atmosphériques dépassant catastrophiquement les normes en vigueur
(poussières, plomb, mercure, dioxines, chlore, etc.), et par ses mâchefers, stockés à l'air libre (contamination des nappes phréatiques et du ruisseau
proche).! Des années durant, les riverains ont interpellé inlassablement l'administration préfectorale pour faire respecter la législation, mais jamais
celle-ci ne voulut rappeler à l'ordre le Syndicat qui bénéficiait dès lors d'un laxisme intolérable de la part des autorités.
Le 15 mars 1999, un groupe de chômeurs et de précaires d'AC ! Clash, provenant de diverses régions, se réunit ce jour là à Fumel, pour discuter des
potentialités d'emplois en matière de déchets. Ils demandent à rencontrer le Président du Syndicat intercommunal. Celui-ci les traite avec mépris et dédain
car ces chômeurs ont l'outrecuidance de lui demander la fermeture de cet incinérateur illégal et hors normes. Devant son refus de concertation, les chômeurs
décident d'occuper l'usine. Dans la nuit, ils neutralisent finalement cet incinérateur en démontant la porte du four et en coupant quelques câbles
électriques (dégâts minimes).
Une répression féroce. Dès le lendemain matin, les gendarmes encerclent la maison de Gérard Carriat, riverain chez qui le groupe de chômeurs s'est réuni,
défoncent la porte et arrêtent tout ce beau monde, menottes aux poignets. 14 d'entre eux sont aussitôt inculpés. Certains font 32 jours de prison
préventive. Tous sont astreints à un régime très sévère : interdiction de se rencontrer, de se déplacer, assignation à résidence, etc. La juge d'instruction
refuse obstinément d'instruire à décharge et considère les chô meurs comme des casseurs qu'il faut punir sévèfrement de manière exemplaire.
Par cette correspondance, je tiens à vous faire part, Monsieur le Président, de ma profonde indignation face aux raisons et aux conditions de l'inculpation
de ces six personnes, et demande leur relaxe immédiate.
Avoir voulu éviter de nouveaux décès par cancers, après de nombreuses requêtes restées sans effet, et par une occupation pacifique d'un outil industriel
source de nuisances mortelles, ne peut en aucun cas constituer un délit. Il convient plutôt aujourd‚hui de juger les responsables du maintien en
fonctionnement, dans la plus parfaite illégalité, d'un outil hors normes.
Vous remerciant par avance de tenir compte lors du procès de mon profond désaccord, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes
sentiments distingués.
Nom
Fonction
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